Vous avez envoyé un email de test à Mail-Tester, et le verdict est tombé : 6/10. Ou 7, ou 8. Assez pour que ça marche « à peu près », pas assez pour être tranquille. Et le rapport affiche une liste de points en rouge et en jaune dont vous ne comprenez pas la moitié.

Bonne nouvelle : le score Mail-Tester n’a rien de mystérieux. Chaque point perdu correspond à une cause identifiable et à un correctif connu. Dans cet article, on décortique les raisons les plus fréquentes qui font chuter un score, dans l’ordre de leur impact, avec pour chacune le diagnostic et la solution.

Si vous voulez d’abord comprendre les fondamentaux de l’authentification email, notre guide complet SPF/DKIM/DMARC pose les bases. Ici, on part de votre score et on remonte aux causes.

Comment Mail-Tester construit votre score

Mail-Tester attribue 10 points de départ, puis retire des points pour chaque problème détecté. Les grandes familles de pénalités sont :

  • l’authentification (SPF, DKIM, DMARC) — le plus gros poste ;
  • la réputation de votre domaine et de votre IP (listes noires) ;
  • la qualité technique du message (format, en-têtes, reverse DNS) ;
  • le contenu (mots déclencheurs de spam, ratio texte/HTML, liens).

Un 6/10 est presque toujours le cumul de plusieurs petites pénalités. On les prend une par une.

1. SPF absent, incomplet ou cassé (−1 à −2 points)

Le symptôme dans le rapport : « SPF check failed », « no SPF record », ou « SPF softfail ».

La cause : votre domaine n’a pas d’enregistrement SPF, ou il n’autorise pas le serveur qui envoie réellement vos emails. Erreur fréquente : avoir changé d’hébergeur sans mettre à jour le SPF, ou envoyer via un outil tiers (CRM, newsletter) non déclaré.

Le correctif : publier un enregistrement TXT qui liste tous les serveurs autorisés à envoyer en votre nom, terminé par -all (rejet strict) ou ~all (softfail). Attention à la limite des 10 lookups DNS : au-delà, le SPF est invalide (« PermError »).

2. DKIM absent ou signature invalide (−1 à −3 points)

Le symptôme : « DKIM not signed » ou « DKIM signature did not verify ».

La cause : vos emails ne sont pas signés cryptographiquement, ou la clé publique publiée dans le DNS ne correspond pas à la clé privée qui signe. C’est souvent la pénalité la plus lourde d’un score à 6.

Le correctif : activer la signature DKIM sur votre serveur mail et publier la clé publique dans le DNS (enregistrement TXT sur un sélecteur, ex. selector._domainkey.votredomaine.fr). Vérifiez que le sélecteur publié correspond bien à celui utilisé pour signer.

3. DMARC absent (−1 point) ou mal configuré

Le symptôme : « no DMARC record ».

La cause : aucune politique DMARC ne dit aux serveurs de réception quoi faire des emails qui échouent SPF/DKIM. Sans DMARC, votre domaine est plus facilement usurpable, et le score en pâtit.

Le correctif : publier un enregistrement DMARC (_dmarc.votredomaine.fr). Commencez en p=none (observation) pour recevoir les rapports sans rien bloquer, puis durcissez vers p=quarantine puis p=reject une fois que SPF et DKIM sont solides pour tous vos expéditeurs.

4. Reverse DNS (PTR) manquant ou incohérent (−0,5 à −1 point)

Le symptôme : « the reverse DNS entry doesn’t match » ou « no PTR record ».

La cause : l’IP de votre serveur d’envoi n’a pas d’enregistrement PTR, ou celui-ci ne correspond pas au nom annoncé par le serveur (HELO/EHLO). Les serveurs de réception s’en méfient fortement.

Le correctif : configurer un PTR cohérent sur l’IP d’envoi (généralement côté hébergeur), et s’assurer qu’il correspond au nom que le serveur annonce. C’est un point souvent hors de votre contrôle si vous êtes chez un hébergeur mutualisé — et l’une des raisons pour lesquelles une infrastructure dédiée fait la différence.

5. IP ou domaine sur liste noire (−1 à −3 points)

Le symptôme : « your IP is listed in Spamhaus / SpamCop / Barracuda ».

La cause : votre IP d’envoi (ou celle mutualisée de votre hébergeur) a été signalée pour du spam. Sur une infrastructure partagée, vous pouvez être pénalisé pour les fautes d’un autre client hébergé sur la même IP.

Le correctif : vérifier votre IP sur les principales listes noires, demander un retrait (delisting) si le problème est résolu, et surtout quitter une IP mutualisée réputée douteuse. C’est structurel : sur une IP partagée, votre réputation ne dépend pas que de vous.

6. Problèmes de contenu et de format (−0,5 à −2 points)

Le symptôme : « SpamAssassin score », « HTML message with no text version », mots signalés.

La cause : email uniquement en HTML sans version texte, présence de mots déclencheurs (« gratuit », « urgent », « cliquez ici »), liens raccourcis, images sans texte alternatif, ratio texte/image déséquilibré.

Le correctif : envoyer un email multipart (texte + HTML), soigner le vocabulaire, éviter les raccourcisseurs d’URL, et garder un ratio de texte suffisant. Ce poste concerne surtout les envois marketing, moins le courrier écrit à la main.

Le tableau de diagnostic express

Ligne rouge/jaune dans le rapportCause probableCorrectif prioritaire
SPF failed / softfailServeur d’envoi non autoriséCorriger l’enregistrement SPF, < 10 lookups
DKIM not signedSignature désactivéeActiver DKIM, publier la clé
DKIM did not verifySélecteur ou clé incohérentsRepublier la bonne clé publique
No DMARC recordPolitique absentePublier _dmarc en p=none puis durcir
Reverse DNS mismatchPTR absent/incohérentConfigurer le PTR côté hébergeur
Listed in Spamhaus…IP/domaine blacklistéDelisting + changer d’IP si mutualisée
No text versionEmail HTML seulEnvoyer en multipart texte + HTML

Pourquoi un 10/10 n’est pas un luxe

Depuis 2024, Google et Microsoft exigent SPF, DKIM et DMARC pour accepter le courrier des expéditeurs un peu volumineux. Un domaine mal authentifié, aujourd’hui, ce sont des emails légitimes qui partent en spam, un domaine usurpable, et une réputation qui se dégrade durablement. Le 10/10 n’est pas de la coquetterie technique : c’est la garantie que vos contrats, vos devis et vos échanges sensibles arrivent effectivement chez leur destinataire.

Et certains de ces points — le reverse DNS, la réputation de l’IP — ne dépendent tout simplement pas de vous quand vous êtes sur une infrastructure mutualisée. C’est là que le choix de l’hébergeur pèse plus que n’importe quel réglage.


Chez Missivio, chaque domaine est configuré pour le 10/10 dès l’activation : SPF, DKIM et DMARC générés automatiquement, IP à la réputation surveillée, reverse DNS cohérent. Vous n’avez pas à comprendre chaque ligne du rapport Mail-Tester — c’est notre travail. Si votre score plafonne à 6 ou 7 et que vous voulez qu’on règle ça pour vous, réservez 20 minutes : on diagnostique votre domaine ensemble.

Alexis DELAPORTE, fondateur de Missivio